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« Le premier mouvement qui révèle un être humain dans la
petite enfance est un mouvement vers autrui : l'enfant de six à douze
mois, sortant de la vie végétative, se découvre en autrui, s'apprend
dans des attitudes commandées par le regard d'autrui. Ce n'est que
plus tard, vers la troisième année, que viendra la première vague
d'égocentrisme réfléchi. Nous sommes influencés, quand nous pensons
la personne, par l'image d'une silhouette. Nous nous plaçons alors
devant la personne comme devant un objet. Mais mon corps, c'est aussi
ce trou de l'oeil béant sur le monde, et moi-même oublié. Par
expérience intérieure 1, la personne nous apparaît aussi comme une
présence dirigée vers le monde et les autres personnes, sans bornes,
mêlée à eux, en perspective d'universalité. Les autres personnes ne
la limitent pas, elles la font être et croître.
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