SARTRE : LE GARCON DE CAFE 2

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              » Toute sa conduite nous semble un jeu. Il s'applique à
       enchaîner ses mouvements comme s'ils étaient des mécanismes se
       commandant les uns les autres, sa mimique et sa voix même semblent
       des mécanismes; il se donne la prestesse et la rapidité impitoyable
       des choses. Il joue, il s'amuse. Mais à quoi donc joue-t-il ? Il ne
       faut pas l'observer longtemps pour s'en rendre compte : il joue à
       être garçon de café. Il n'y a rien là qui puisse nous surprendre :
       le jeu est une sorte de repérage et d'investigation. L'enfant joue
       avec son corps pour l'explorer, pour en dresser l'inventaire; le
       garçon de café joue avec sa condition pour la réaliser.