SPINOZA : LES AFFECTIONS DE L'AME 1

Retour   Suite

 
              « Ceux qui ont écrit sur les Affections et la conduite de 
       la vie humaine semblent, pour la plupart, traiter non de choses
       naturelles qui suivent les lois communes de la Nature, mais de
       choses qui sont hors de la Nature. En vérité, on dirait qu'ils
       conçoivent l'homme dans la Nature comme un empire dans un empire.
       Ils croient, en effet, que l'homme trouble l'ordre de la Nature
       plutôt qu'il ne la suit, qu'il a sur ses propres actions un pouvoir
       absolu et ne tire que de lui-même sa détermination. Ils cherchent
       donc la cause de l'impuissance et de l'inconstance humaines, non
       dans la puissance commune de la Nature, mais dans je ne sais quel
       vice de la nature humaine et, pour cette raison, pleurent à son
       sujet, la raillent, la méprisent ou le plus souvent la détestent:
       qui sait le plus éloquemment ou le plus subtilement censurer
       l'impuissance de l'Ame humaine est tenu pour divin.