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Quand on parle de la passion, on pense à l'amour passionné, mais
s'il s'agit des passions on penche plutôt vers toutes ces choses qui nous
poussent à agir coûte que coûte, pour atteindre on ne sait quel but, dont
pourtant semble-t-il dépend toute notre vie.
Subit-on les passions, comme on subirait une maladie, et donc,
doit-on lutter contre, s'en guérir, ou bien sont elles la manifestation de
l'énergie vitale qui nous pousse à agir et à vivre ?
L'homme est un être de raison, l'homme est un être de passion. Ces
deux approches de l'être de l'homme semblent l'expression du bon sens.
Néanmoins, on ne peut être un être de passion sans mettre en danger
sa raison et on ne peut être raisonnable sans s'efforcer de maîtriser ses
passions. Dès lors, les rapports de la raison et des passions, apparaissent
sous la forme d'une lutte incessante. Est-on homme de devoir que l'on voudra
la victoire de la raison sur les passions. Souhaite-t-on être heureux que
l'on désirera oublier pour un temps l'"animal raisonnable" que l'on nous
adjure d'être au profit d'un défoulement des passions. Qui de l'un ou de
l'autre peut affirmer agir bien ? Et la passion n'est-elle pas, finalement,
la seule à pouvoir lutter contre elle-même ?
N'y a-t-il pas là, fondamentalement, le noeud d'un problème qui toucherait
la nature même de l'homme, transformant la lutte de la raison et des
passions en un lutte pour l'humanité de l'être dit homme?
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