LEIBNIZ : LES PETITES PERCEPTIONS 1

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              « Nous avons toujours des objets qui frappent nos yeux ou nos
       oreilles, et par conséquent l'âme en est touchée aussi sans que nous
       y prenions garde : parce que notre attention est bandée à d'autres
       objets, jusqu'à ce que l'objet devienne assez fort pour l'attirer à
       soi en redoublant son action ou par quelque autre raison; c'était
       comme un sommeil particulier à l'égard de cet objet-là, et ce sommeil
       devient général lorsque notre attention cesse à l'égard de tous les
       objets ensemble. [...] Toutes les impressions ont leur effet, mais
       tous les effets ne sont pas toujours notables : quand je me tourne
       d'un côté plutôt que d'un autre c'est bien souvent par un
       enchaînement de petites impressions dont je ne m'aperçois pas, et qui
       rendent un mouvement un peu plus malaisé que l'autre.