DESCARTES : LE MORCEAU DE CIRE 2

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              » Mais voici que, cependant que je parle, on l'approche du
       feu : ce qui y restait de sa saveur s'exhale, l'odeur s'évanouit, 
       sa couleur se change, sa figure se perd, sa grandeur augmente, il
       devient liquide, il s'échauffe, à peine le peut-on toucher, et
       quoiqu'on le frappe, il ne rendra plus aucun son. La même cire
       demeure-t-elle après ce changement ? Il faut avouer qu'elle demeure 
       et personne ne le peut nier. Qu'est-ce donc que l'on connaissait en
       ce morceau de cire avec tant de distinction ? Certes ce ne peut être
       rien de tout ce que j'y ai remarqué par l'entremise des sens, puisque
       toutes les choses qui tombaient sous le goût, ou l'odorat, ou la vue,
       ou l'attouchement ou l'ouie, se trouvent changées, et cependant la
       même cire demeure.