| |
Il y a une connaissance scientifique de la nature. Devons-nous la
croire ? Pourquoi la croire ?
Les hommes apportent foi à la science en invoquant les savants, en
implorant les experts. La science est crue, on trouve des raisons, des
arguments pour la croire : ainsi, est vrai ce qui résulte des principes,
c'est-à-dire la science dont les conséquences sont déduites des axiomes ou
définitions. En fait de science, il s'agit ici des mathématiques pures,
voire, de la logique. Kant contourne le problème en faisant dériver la
connaissance des principes, des cadres a priori de l'entendement. Quant à
la connaissance de la nature matérielle, la méthode invoquée est celle de
la recherche de preuves expérimentales, mais elle ne suffit pas toujours.
L'homme du commun croit à la science dans la mesure ou elle lui
apporte des règles d'action. Pour lui le vrai se confond avec l'utile. Le
pragmatisme auquel cette croyance conduit à des formes multiples, on le
retrouve, par exemple, chez Marx. Dans ce cas, la connaissance scientifique
est vraie quand elle nous permet de fonder une action efficace. Cependant,
cette croyance est non fondée et elle conduit à ce que des techniques se
développent sans que l'on sache au départ à quoi cela pourra servir.
Qu'est-ce qui nous assurera de la vérité de la science ? C'est en
essayant de répondre à cette question que le pragmatisme, le positivisme, le
rationalisme critique vont se succéder.
|

 |