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La pensée fait la grandeur de l'homme. La morale qui recherche à
développer cette grandeur doit donc s'efforcer de favoriser les prises de
conscience en l'homme. Mais, si l'homme est d'autant plus grand qu'il a
conscience de n'être qu'un "roseau", l'homme est d'autant plus malheureux
qu'il est grand. Car les prises de conscience de l'homme, qu'elles
concernent le monde ou lui-même lui sont autant d'occasions de susciter
en lui de graves sujets d'inquiétude.
Travailler à bien penser, travailler à notre grandeur, c'est prendre
ainsi à chaque fois un peu plus conscience de ce que nous sommes misérables,
impuissants, fragiles...
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