| |
« Je ne sais si je dois vous entretenir des premières
méditations que j'y ai faites car elles sont si métaphysiques et si
peu communes qu'elles ne seront peut-être pas au goût de tout le
monde. Et toutefois, afin qu'on puisse juger si les fondements que
j'ai pris sont assez fermes, je me trouve en quelque façon contraint
d'en parler. J'avais dès longtemps remarqué que, pour les moeurs, il
est besoin quelquefois de suivre des opinions qu'on sait être fort
incertaines, tout de même que si elles étaient indubitables, ainsi
qu'il a été dit ci-dessus; mais, parce qu'alors je désirais vaquer
seulement à la recherche de la vérité, je pensai qu'il fallait que je
fisse tout le contraire, et que je rejetasse, comme absolument faux
tout ce en quoi je pourrais imaginer le moindre doute, afin de voir
s'il ne resterait point, après cela, quelque chose en ma créance, qui
fût entièrement indubitable.
|

 |