DESCARTES : CONSCIENCE OU COGITO 1

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              « Je ne sais si je dois vous entretenir des premières
       méditations que j'y ai faites car elles sont si métaphysiques et si
       peu communes qu'elles ne seront peut-être pas au goût de tout le
       monde. Et toutefois, afin qu'on puisse juger si les fondements que
       j'ai pris sont assez fermes, je me trouve en quelque façon contraint
       d'en parler. J'avais dès longtemps remarqué que, pour les moeurs, il
       est besoin quelquefois de suivre des opinions qu'on sait être fort
       incertaines, tout de même que si elles étaient indubitables, ainsi
       qu'il a été dit ci-dessus; mais, parce qu'alors je désirais vaquer
       seulement à la recherche de la vérité, je pensai qu'il fallait que je
       fisse tout le contraire, et que je rejetasse, comme absolument faux
       tout ce en quoi je pourrais imaginer le moindre doute, afin de voir
       s'il ne resterait point, après cela, quelque chose en ma créance, qui
       fût entièrement indubitable.