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Le mot "conscience" vient du latin cum scientia qui signifie
"accompagné de savoir".
Aucun savoir n'est plus ferme et assuré, que la conscience que j'ai
de mon existence, nous apprend Descartes. Alors, si la conscience est un
certain savoir, et si le savoir le plus certain de lui-même, est conscience,
ne risque-t-on pas de confondre science et conscience ?
Ainsi, si avoir conscience c'est avoir la science de, on peut penser
avec Platon que conscience et sagesse sont une seule et même chose.
Mais, sans être aussi optimiste sur la nature humaine et sur ses
capacités morales, il n'en reste pas moins que la conscience est une
spécificité humaine et qu'elle constitue la dignité de l'homme en tant que
tel. C'est par la prise de conscience de soi, de l'autre, du monde, que
l'homme peut s'affirmer comme tel.
Encore reste-t-il à savoir si nous avons la libre disposition de
notre conscience, et donc l'entière responsabilité de nos actes. Ne
s'illusionne-t-on pas facilement sur notre connaissance de nous-même, et
Nietzsche n'a-t-il pas raison de dire qu'il n'y a pas plus étranger à
nous-même que nous-même ?
Est-ce le monde qui fait notre conscience telle ? Est-ce notre
conscience qui est constitutive du monde ? Alors, a-t-on affaire à une
conscience du monde ou à un monde de la conscience ?
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